À la fin des années 1980, le marché de la hi-fi était en plein essor et le besoin des audiophiles d'adapter leur son à l'acoustique de leur pièce et à la variété des enregistrements se faisait de plus en plus sentir. Les égaliseurs graphiques offraient une solution pratique. Le Yamaha EQ-500 était un modèle haut de gamme typique de l'époque : dix bandes par canal, un affichage du spectre et un générateur de bruit en faisaient un appareil étonnamment bien équipé.
Les années 1980 ont été l'âge d'or de la hi-fi, période où l'écoute à domicile était florissante et où de plus en plus d'amateurs souhaitaient affiner leur son selon leurs préférences, l'acoustique de leur pièce et la qualité variable des enregistrements. Les conditions d'écoute à domicile étaient loin d'être idéales et les enceintes se retrouvaient souvent placées de façon imparfaite : dans un coin, sur une étagère ou trop près du mur. Parallèlement, la qualité des enregistrements variait des cassettes audio de piètre qualité aux vinyles 33 tours de qualité inégale. La reproduction sonore des enceintes laissait également souvent à désirer : colorations et accents indésirables qu'il fallait corriger. Les égaliseurs graphiques destinés à un usage domestique répondaient à ce besoin.
L'égaliseur Yamaha EQ-500 que nous avons acheté sur Tori.fi est un modèle haut de gamme typique, très répandu à la fin des années 80. En 1988, son prix était d'environ 1 900 marks, soit environ 315 euros. En tenant compte de l'inflation en Allemagne et dans la zone euro entre 1988 et 2025, son pouvoir d'achat correspondrait aujourd'hui à environ 750 euros.
Cet appareil est très bien équipé et dispose de dix bandes de fréquences par canal, avec une plage de réglage de ±12 dB. Le point de réglage le plus bas est à 30 Hz, une fréquence qui permet d'amplifier significativement la reproduction des basses si nécessaire. Le point de réglage le plus haut est à 16 kHz, ce qui est largement suffisant pour ajuster les aigus les plus fins. Parmi les atouts de Yamaha figurent un affichage du spectre, un microphone de mesure et un générateur de bruit rose, utilisés pour ajuster la reproduction des fréquences au point d'écoute souhaité. Cette méthode n'a pas permis d'obtenir un résultat parfait, mais elle a constitué un pas en avant.
Parmi les autres fonctions utiles, on trouve un filtre subsonique commutable qui élimine les fréquences inférieures à 15 Hz, lesquelles peuvent être nuisibles à de nombreux haut-parleurs, notamment à volume élevé.
Comme les autres égaliseurs de l'époque, les modèles Yamaha se connectaient généralement à la prise Tape Monitor de l'amplificateur, le signal égalisé étant ensuite transmis aux haut-parleurs. La prise Tape de l'amplificateur étant ainsi « sacrifiée », une prise de remplacement est présente sur le panneau arrière du Yamaha. Autre atout intéressant : la possibilité d'enregistrer le signal égalisé sur une cassette. Enfin, détail esthétique appréciable : les LED rouges situées à l'extrémité des potentiomètres de fréquence s'allument lorsque le réglage est activé.
Utilisé
Bien que le Yamaha ait près de 40 ans, il a parfaitement fonctionné lors de notre essai. Malheureusement, le microphone d'origine n'étant plus disponible, nous avons dû procéder par tâtonnements, en nous basant sur l'écoute. C'est ainsi que l'on faisait auparavant.
À quoi servaient réellement ces égaliseurs ? Soyons réalistes : les égaliseurs étaient principalement destinés à « épicer » le son et à renforcer les basses. Un égaliseur domestique assez courant était celui utilisant une courbe en « sourire » ou en « pont suspendu », permettant d’accentuer les fréquences extrêmes. À cette époque, aucun égaliseur ne pouvait véritablement corriger les défauts acoustiques de la pièce ni la reproduction des enceintes ; leur réponse était trop large et imprécise. De plus, les mesures disponibles en conditions réelles d’utilisation à domicile manquaient de précision. L’affichage du spectre de l’égaliseur Yamaha que nous avons testé n’est certes qu’un indicateur de la reproduction sonore. Quoi qu’il en soit, le Yamaha fonctionne très bien pour modifier le son, même si de nombreux audiophiles désapprouvaient cette méthode.
Avec la démocratisation du traitement numérique du signal dans les appareils domestiques au début des années 2000, les égaliseurs graphiques physiques ont progressivement disparu. Les amplificateurs audio-vidéo modernes, les logiciels de correction acoustique et les applications basées sur le traitement numérique du signal (DSP) effectuaient la même tâche automatiquement et avec une précision bien supérieure. Un appareil performant et impressionnant en soi. Et bien sûr, toujours utilisable pour le réglage du son.
Yamaha EQ-500
Prix : environ 1950 FIM (en 1988)
= environ 750 euros (ajusté à l'indice)
Bandes de réparation : 2 x 10 pièces.
Gamme de fréquences : 10 - 35 000 Hz
Rapport signal/bruit : 105 dB
Connexions : entrée/sortie RCA, entrée/sortie cassette, microphone 6,3 mm
Autres : analyseur de spectre, générateur de bruit rose, filtre subsonique
Dimensions : (l x h x p) 435 x 100 x 232 mm
Poids 2,85 kg
Plus d'information: Télécharger le manuel d'utilisation